Dimanche 18 novembre, nous étions 15 en compagnie de notre guide, Gilles Desfaucheux, pour la dernière sortie naturaliste de l’année. Le thème tant attendu ne pouvait plus attendre: les champignons des sous-bois. En dépit d’un début d’automne très sec, nous avons donc arpenté les forêts de Lamazière-Basse, remarquablement diversifiées sur le plateau qui domine les gorges de la Luzège, et qui nous laissaient espérer une grande diversité mycologique. En bon connaisseur de ces êtres vivants particuliers (les champignons constituent un règne différent de celui des végétaux), Gilles n’a pas hésité à sortir livre et clef d’identification pour les espèces dont la détermination était délicate.

Dès les premiers mètres, nous découvrons sur un cône de pin le carpophore (pied + chapeau) d’un strobilurus; l’occasion de jeter un coup de loupe sur cet étrange assemblage, et d’observer la manière dont le champignon colonise avec ses filaments de mycelium la surface du cône. Détritivore, ce champignon est de ceux qui jouent un rôle majeur dans la décomposition de la matière organique morte. Puis sur la litière forestière que la gelée blanche n’a pas épargnée, nous détaillons des mycènes, une famille de champignons très diversifiée, qui se reconnait à la transparence des lamelles.

Un peu plus loin, Gilles nous présente un hygrophoropsis, autrement appelé clitocybe orangé, mais plus connu sous le nom de “fausse girolle”. Bien que comestible, ce champignon n’a rien d’extraordinaire sur le plan culinaire, et des intolérances sont signalées. Mieux vaut donc s’abstenir de le cueillir. Gilles en profite pour rappeler qu’un geste simple pour atténuer la toxicité des champignons (puisque ces organismes, y compris les comestibles, ont tendance à concentrer les toxines présentes dans le sol), consiste à jeter le premier jus de cuisson rendu par les champignons. Nous passons ensuite à un groupe de marasmes, aux lamelles décurrentes, c’est à dire qui tombent du chapeau et sous les fougères nous ramassons un Chrysenteron, bolet comestible de qualité gustative moyenne, pourtant utilisé dans les plats préparés.

Autour de Gilles gravitent des chercheurs amateurs qui rapportent leurs trouvailles. La palme de l’originalité revient au Sparasis scrispa, excellent comestible malheureusement un peu passé pour le spécimen en question. La sortie nous procure d’autres découvertes: psathyrelles, tricholomes, polypores… Les sens ne sont pas en reste, avec l’odeur caractéristique du marasme à odeur d’ail, et le piquant sur la langue du lactaire poivré.

Au final, nos paniers seront restés vides, mais notre lexique se sera enrichi d’une bonne quinzaine de noms nouveaux! A remettre l’année prochaine, pour une poêlée forestière cette fois?

Olivier