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Sortie des moulins

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Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir profiter d’une magnifique journée pour notre sortie des moulins du côté d’Ussel. 2 lieux de rendez-vous de départ pour se retrouver tous ensemble du côté de Valiergues vers 10h. Le 1er arrêt fut une exception à notre tournée puisque nous nous sommes arrêtés au pied d’un vieux puits à balancier dans le bourg de Valiergues.

L’ensemble pittoresque, datant du 16e siècle, est composé d’un puits à balancier et d’une croix. Près de ce puits à balancier se trouvent deux abreuvoirs monolithiques en granit. Un escalier en pierre permet d’aller du puits au contrepoids du balancier. La croix en granit, aux formes arrondies, est harmonieuse et élancée. Son fût est formé de quatre éléments reposant sur deux blocs qui ont la forme d’une boule pour l’un et d’une demi-boule pour l’autre.

Puis, direction la sortie du village pour aller admirer le moulin à vent de Béttines ou Bétinac, l’un des derniers, voire le dernier moulin à vent de Corrèze, le seul en état de marche. Construit en 1840, il a été restauré dans les années 1970, puis au début des années 2000 et est aujourd’hui en bon état de fonctionnement. Il formait un duo avec un moulin à eau aujourd’hui disparu. Après la chute de ses ailes en mars 2023 liée à l’usure du temps, les ailes et les 2 meules du moulin tournent à nouveau.

Pause petit-déjeuner au pied du moulin avant de passer aux choses sérieuses

Après quelques moments, nous sommes repartis direction Aix-la-Marsalouse et plus précisemment le moulin de la Chassagnite (origine : le chêne, du gaulois Cassano).

Petit arrêt en route pour se pencher vers quelques Erythrones et de rares Gyromitres bien dissimulés.

 Cette fois, c’est un moulin à eau, construit entre 1865 et 1870, alimenté par la Dozanne, que nous visitons. Il a cessé de fonctionner dans les années 1970, après l’apparition des moissonneuses batteuses, le grain n’étant plus assez sec. C’est un des rares moulins à farine de Corrèze dont l’énergie était fournie par une roue verticale.

Le moulin à huile et l'ancien four. La roue à cuillères, située dessous, faisait tourner la meule.

L’eau, provenant d’un réservoir situé au-dessus, alimentait d’abord un moulin à huile dont il reste les 2 meules. C’était essentielllement de l’huile de faînes  et un peu de noix qui étaient produites. Il reste, à part, juste la vis du pressoir et la cuve de pierre. L’eau sortait ensuite par une conduite en pierre, pour arriver par un canal de force en bois sur la roue.

L'ancienne réserve d'eau pour le fonctionnement des 2 moulins.

Une amenée d’eau en bois entraîne une roue en bois de type roue à augets (ou à godets), à axe horizontal, de 4m de diamètre environ. Elle devrait être remplacée bientôt par une roue à augets en métal. Le système d’alimentation permettait de faire fonctionner les 2 moulins simultanément.

Anémone Sylvie

Retour vers Aix pour notre repas du midi avec un petit arrêt cochon à poils laineux en route.

Un grand merci à François Ratelade, maire d’Aix, de nous avoir autorisés à partager nos victuailles au bord du terrain de football sous un soleil radieux.

Après ces agapes, nous sommes redescendus vers Ussel, direction le moulin de Lastouillas, où nous avions rendez-vous pour le visiter avec son propriétaire, Mr André Chèze. Petite pause en route pour photographier quelques daims.

Roue à augets

Le moulin de las Toueilas (1747) devenu Lastouillas. Il tient son nom des lastouilles. Les lastouilles sont des grains de blé restant dans les champs après la battue, les paysans moyenâgeux récupéraient ces grains à l’insu du seigneur pour pouvoir se nourrir. Niché au bord de la Diège dans un site remarquable de calme et de beauté, à 500 m d’un grand centre commercial, il est constitué principalement de 2 bâtiments de meunerie et d’une écurie en ruine. Nous sommes accueillis chaleureusement par le propriétaire des lieux qui ne tarira pas d’anecdotes sur son moulin qu’il restaure, à ses frais, depuis plus de 20 ans. Il est composé d’un moulin à farine où 2 systèmes cohabitent avec minoterie Buhler et anciennes meules en pierre horizontales et d’un moulin à huile avec meule roulante et roue à aube. Dans ce moulin à huile, on y cardait également le chanvre.

Dès notre arrivée, Mr Chèze nous propose de mesurer la hauteur des sapins qui dominent le site, avec un système appellé croix du bûcheron >> 45m.
https://www.youtube.com/watch?v=FAOOkz7DpRk&t=10s

Puis nous entamons la visite avec notre guide qui n’est pas avare d’anecdotes sur le moulin.

L'habitation du meunier

Remarquable plaque de cheminée avec sa chaine d’alliance et ses étoiles à 8 branches (étoile de Bethléem qui guida les rois mages, symbole de la nativité du Christ et de la rédemption qu’il apporte aux hommes).

Ensemble électrique de contrôle des machines avec boutons en céramique et interrupteurs en os !! Le moulin pouvait fabriquer sa propre électricité.

Machines installées en 1910
L'usine actuelle à Uzwil en Suisse

Régulateur de watt à 2 boules. Il contrôle le flux d’eau qui arrive sur la turbine hydraulique. Il est pourvu sur son axe, sous les bou-boules, de 2 cames, l’une simple, en bas pour quand le moulin tourne lentement et l’autre, double quand “ton moulin, ton moulin va trop vite…”. Ces cames actionnent un petit piston qui soulève un battant qui sonne sur la cloche, ainsi le meunier sait si son moulin tourne trop lentement ou trop vite.
2 raisons peuvent expliquer la prise de vitesse du moulin : soit la vanne du barrage laisse passer trop d’eau, faisant tourner la roue trop rapidement, soit, pendant la mouture, il n’y a plus de grain entre les meules. Cette dernière situation est particulièrement dangereuse. En l’absence de grains, les deux meules en silex se frottent entre elles et produisent des étincelles. La farine étant très inflammable, le risque d’incendie est alors très important. Pour prévenir le meunier en cas de vitesse excessive, un avertisseur sonore est installé au rez-de-chaussée du moulin : le régulateur à boules. Lorsque le moulin tourne, une dent noire fixée à l’axe du régulateur fait tinter la cloche de manière régulière. Si la vitesse augmente, la force centrifuge fait s’écarter les boules, faisant monter l’axe. Ce n’est plus une mais deux dents qui viennent frapper la cloche plus rapidement, alertant ainsi le meunier. Ingénieux, non ?

La turbine en acier dorénavant.

Le lien vers les photos de Stéphane : https://www.flickr.com/gp/steff_hann_photographies/6H1425j0jv

La vidéo de la visite tournée par Béa : https://youtu.be/Ns48e6ajRk4?si=q1aUAlIb4n8Uh2Ry

Le moulin à huile
Les meules du moulin à huile, surtout utilisé avec des faines
Le pressoir, première étape de la fabrication de l'huile
Moulin à l'huile de coude !!
Le bénitier du diable
Lathrée clandestine
Les 2 moulins. La Diège à droite, le canal d'alimentation à gauche
Avant de partir Mr Chèze nous a fait goûter sa sève de bouleau.

Ainsi se termine notre sortie des moulins.

Pour en savoir un peu plus sur les moulins de haute Corrèze : http://www.haute-correze.fr/les-moulins/

Merci pour les photos à : Christine, Claude, Viviane, André, Christian, Freddy, Jeff, Stéphane et JLuc.