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A la découverte du crapaud calamite

Ce vendredi 2 juillet un petit groupe d’adhérents de l’association est parti à la découverte du crapaud calamite (Epidalea calamita). Rendez-vous à 20h00, car cette bestiole est essentiellement nocturne, sur une plateforme de chantier pour que Jacqueline Gout de la CPIE de Corrèze nous dévoile toutes les facettes  de cet étonnant amphibien.

Ce Crapaud calamite ou Crapaud des joncs unique représentant du genre Epidalea, est une espèce d’amphibiens de la famille des Bufonidae. Il est représenté partout en France (sauf Corse) jusque dans l’agglomération parisienne et en Europe suivant un axe sud-ouest/nord-est allant du Portugal aux pays Baltes (Lettonie, Lituanie) et la Russie occidentale. Elle est présente jusqu’à 2540m d’altitude. On le trouve dans une végétation ouverte assez rase, alternant avec des sols nus et dans les milieux créés par l’Homme : carrières, gravières, parcs urbains, friches, ruines, murets etc. d’où notre lieu d’exploration.

Nous ne tardons d’ailleurs à mettre la main ou plutôt le pied dessus. En effet en regardant attentivement le sol il y en a plusieurs autour de nous dispersés dans la végétation et dans les quelques flaques qui nous entourent. En effet il préfère les plans d’eau superficiels et temporaires pouvant se réchauffer rapidement.
Il reste pendant la journée dans un trou naturel, sous des pierres, dans des trous ou fissures de murailles ou creusé par ses soins. La nuit, il part en chasse et on peut le rencontrer très loin des plans d’eau.

La saison de  reproduction s’étale de mars à juillet-août. Les mâles sont les premiers à arriver sur les sites de ponte. Ils chantent en chœur pour attirer les femelles. Ce chant, qui ressemble à un bruit de crécerelle, est très puissant et peut être entendu à plus de deux kilomètres. Son instinct de reproduction l’amène à s’accrocher à tout ce qui bouge (grenouille, poisson, autre mâle) et à ne lâcher prise parfois que plusieurs jours après.
La ponte se présente sous la forme d’un ou deux longs chapelets de 1 ou 2m de longueur contenant deux rangées d’œufs. La ponte contient entre 2000 et 4000 œufs. Leur incubation dure de 2 à 8 jours et la métamorphose entre 3 et 8 semaines. La maturité sexuelle est de 3 ans pour le mâle et 4 ans pour la femelle. Le mâle peut vivre jusqu’à 7 ans, la femelle jusqu’à 17 ans. Nous avons eu la chance de rencontrer divers stades de maturation.

On distingue facilement les têtards de crapaud de ceux d’autres espèces de batraciens par leur couleur noirâtre. Dès la fin de leur métamorphose les jeunes crapauds portent une ligne médiane plus ou moins jaune, plus ou moins foncée sur leur dos, ce qui les distingue du crapaud commun.

La nuit arrivant nous continuons notre exploration des lieux et différentes mares. Et nous finissons par tomber sur notre premier petit calamite. Le mâle adulte mesure de 40 à 70 mm, la femelle de 50 à 80 mm. Celui ci atteint facilement les 25 mm !!!

Exploration par Jacqueline, avec son épuisette, des bordures d’une mare. Au fond du filet des tritons palmés mâle et femelle plus ou moins matures et des larves de libellules.

La nuit étant définitivement tombée, nous continuons notre exploration à la lueur des lampes frontales et de poche et là nous découvrons plusieurs crapauds calamite de différentes tailles disséminés sur le sol pierro-sableux. Et il faut faire attention où on pose ses bottes car ils sont relativement mimétiques.

A remarquer le dessous du ventre blanc et surtout son oeil, pupille jaune veinée de noir. L’iris du crapaud commun est orangé

Bon, allez un p’tit dernier pour la route ou du moins sur la route et difficile à photographier car ce crapaud ne saute pas, il coure comme une souris ou un mulot !!!

En bref, vous l’aurez compris une très belle sortie nocturne, très instructive avec une experte ès-batracien. Nous avons aussi croisé au cours de nos pérégrinations une grenouille rousse et une verte.

Non, ce n’est pas un parasite sur le côté mais une larve de coccinelle!