Sortie “Atlas des milieux naturels” le 17 avril 2021

Sortie “Atlas des milieux naturels” le 17 avril 2021

Ce dimanche, un peu frisquet au départ, c’est Thierry qui, en maitre des lieux, nous a emmené visiter une hêtraie sur sa commune de St-Yrieix-le-Déjalat. Sortie organisée dans le cadre de la préparation de l’Atlas par notre naturaliste Olivier.

Forêts montagnardes des massifs siliceux, les hêtraies-sapinières sur sol acide, dites « acidiphiles », sont dominées par le hêtre. Elles forment le stade final de la succession végétale. Le hêtre forme soit des peuplements purs, soit des peuplements mixtes avec le sapin pectiné. Composée d’espèces acidiphiles, la strate herbacée est donc généralement peu développée. Elles sont souvent issues d’anciens pâturages mis en défense lors des grands travaux de reboisement amorcé vers la fin du XIXe siècle.

Le nom du hêtre est issu du bas francique heester, petit arbre. En bas latin le hêtre s’appelait Fagus et est resté dans certains toponymes comme Lafage-sur-Sombre. On utilise également le terme de fayard ou faou issu du francoprovençal.
Il peut s’élever à 35 m de hauteur avec une circonférence qui peut couramment atteindre 2,50 m chez des hêtres centenaires. En général les hêtres atteignent 150 à 200 ans, et les vieux individus ne vont guère jusqu’à 300 ans.
En futaie, le hêtre développe un tronc long et mince, dégagé de ses branches jusqu’à 15 ou 20 m de hauteur avec un houppier étroit. En situation isolée, le fût est très court, le houppier large et haut et les branches basses étalées souvent horizontales (pouvant couvrir 600 m2 ), ce qui lui a donné le surnom d’arbre aux pendus.

Le hêtre est un arbre d’ombre, qui grandit à l’abri des autres arbres. Son système racinaire est puissant, souvent traçant et multidirectionnel. Sous couvert de hêtres adultes l’ombre est épaisse, les plantes basses ne sont visibles qu’au printemps (anémone, primevère), le reste de l’année les feuilles mortes du hêtre forment un tapis continu sur le sol. Le hêtre peut alors parvenir à éliminer les autres arbres qui ont besoin de lumière. Dans notre région on y trouve aussi des myrtilliers sauvages

La hêtraie est fréquentée par de nombreux mammifères (cerfs, chevreuils, sangliers, martre), des oiseaux tels l’Autour des palombes, le Bec-croisé, le Grimpereau. Nombreux sont aussi ceux qui creusent son tronc (les différents Pics) ou utilisent ces cavités, Pigeon colombin, Chouette de Tengmalm.
Au sol on trouve Coronelle lisse, Orvet, Vipère aspic, Crapaud commun, Grenouille rousse, Salamandre tachetée.
Les forêts regorgent de champignons qui colonisent les arbres et le hêtre est particulièrement accueillant : amanites, bolets et girolles colonisent l’extérieur de ses racines et si l’on supprime ces champignons, les arbres souffrent de carences nutritives.

Le hêtre a de petites feuilles entières, vertes, ressemblant un peu à celles du charme. Elles sont bordées de petits poils blancs, celles du charme ont de petites dents sur ses bords.
“Le charme d’Adam (à dents), c’est d’être (hêtre) à poils !
Le feuillage est fréquemment marcescent : les feuilles mortes restent attachées aux branches pendant une partie plus ou moins longue de l’hiver, elles ne tombent que lors de la repousse des nouvelles.

Dans le hêtre tout est bon : l’écorce (astringente et fébrifuge) broyée en farine, les jeunes feuilles en salade, les faînes (son fruit) en farine ou en huile, son bois pour l’ameublement ou le chauffage.

Fin de la balade sous l’oeil de Maistre Renard.